Bore-out et Burn-out : de l'ennui à l'épuisement professionnel

Bore-out et Burn-out : de l'ennui à l'épuisement professionnel

Contrairement au « burn-out » qui fait référence à un épuisement physique et psychologique lié à une surcharge de travail, le « bore-out » désigne un syndrome d'épuisement professionnel par l'ennui.

Alors que les personnes confrontées au burn-out sont submergées par le travail, celles qui sont touchées par le bore-out passent leurs journées à s’ennuyer. Nous pouvons faire un parallèle en adoptant le point de vue de notre société : les personnes du premier cas sont valorisées puisque jugées comme très impliquées dans la vie de leur entreprise alors que celles du second groupe sont très dévalorisées et perçues comme particulièrement fainéantes, ce qui peut parfois conduire à un sentiment de honte.

Les salariés heureux au travail s’épanouissent grâce aux tâches qu’ils accomplissent quotidiennement, sont stimulés par l’envie de se surpasser et d’apporter leurs compétences aux autres. Le travail est perçu comme une nourriture spirituelle, temps qu’il est synonyme de montée en compétences, d’évolution et de reconnaissance. Ces individus veulent se sentir efficaces, utiles, productifs.

Nous allons tenter d’éclaircir les deux phénomènes de burn-out et de bore-out, qui, bien qu’ils ne soient pas récents, sont toujours tabous.

 

Burn-out

Selon le baromètre du Cegos d’octobre 2015, un salarié sur quatre dit avoir déjà ressenti un problème psychologique grave ou du harcèlement moral au cours de sa carrière. D’autre part, plus de 40 % constatent une dégradation du climat social au travail depuis un an. Pour 56 % des salariés et 73 % des managers, les stress est omniprésent au travail.

Cet épuisement professionnel, identifié par le terme burn-out englobe toute une série de sources de mal-être comme la forte pression, les objectifs difficiles à atteindre, la surcharge de travail et entrainent un affaiblissement physique accompagné de troubles émotionnels.

Cet état dépressif touche le plus souvent les gens surinvestis dans leur travail, submergés par un sentiment de déception par rapport à leur travail.

Voici les principaux symptômes du burn-out :

Sentiment d’échec : Lorsqu’une personne est mentalement épuisée, elle est forcément moins productive. Pour contrer ce sentiment d’échec et de perte de confiance, elle va se surmener et se mettre la pression pour tenter d’accomplir le travail, cette démarche étant souvent contreproductive.

Fatigue physique et mentale : Les personnes atteintes présentent un état de fatigue avancé, généralement provoqué pas des troubles du sommeil.
Mentalement, l’état d’anxiété et de suractivité est tel que l’employé finit par craquer brutalement. L’épuisement psychique intense va alors jusqu’à empêcher la personne de se lever le matin pour aller travailler.

Maladies : L’état de fatigue intense conduit à une baisse des défenses immunitaires, le terrain est donc plus propice aux infections et maladies (rhumes, otites).

Douleurs physiques : Si le burn-out est avant tout un syndrome psychologique, les répercussions sur le physique ne sont pas marginales. Les personnes atteintes peuvent souffrir de maux de tête ou de dos, ou encore de troubles digestifs.

 

 

Le burn-out nécessite une prise en charge médicale et un suivi de plusieurs semaines. L’arrêt maladie est la première réponse à apporter, une façon de lâcher prise et de décompresser. Il convient également de procéder à une remise en question à niveau professionnel, c’est-à-dire à se demander si notre travail nous correspond réellement ou s’il ne serait pas préférable d’en changer.

 

Bore-out

Lorsque l’on s’ennuie au travail au point de se rendre malade psychologiquement et physiquement, on est touché par le phénomène de bore-out.

Les symptômes sont semblables à ceux du burn-out, avec l’apparition de troubles physiques et de maladies (crises d'épilepsie, vertiges, tremblements), de perte de mémoire, de fatigue. La perte de l’estime de soi et le manque d’autosatisfaction et d’épanouissement peuvent également conduire à un état dépressif.

Pour contrer ce sentiment d’inutilisé, certaines personnes sont même amenées à effectuer le travail des autres. D’autres réduisent leur temps de présence en entreprise, d’autres encore ralentissent leur rythme de travail pour faire durer plus longtemps leurs missions ou font semblant de travailler.

Si dans la plupart du temps la situation dans laquelle se trouvent ces personnes n’a pas été volontairement instaurée (il s’agit souvent de situations qui découlent de restructuration dans les entreprises, de réorganisation du travail, de changements dus aux améliorations technologiques ou encore de baisse d’activité économique), elle peut également découler d’une sorte de harcèlement moral, que l’on décrit par la « mise au placard ».

Les causes du bore-out sont diverses :

L’insuffisance de travail : La source la plus évidente d’ennui au travail est le manque de travail. Mais dans une société où le fait de s’ennuyer au travail reste tabou, il est difficile pour un employé d’exprimer ce sentiment de lassitude, source de culpabilité.

Les tâches répétitives : Certaines tâches sont génératrices d’ennui, d’autant plus lorsqu’elles sont répétitives. Ainsi, même si le salarié est occupé toute la journée et ne manque pas de travail, il peut s’ennuyer tout en les effectuant.

Les missions inintéressantes ou sous-qualifiantes : Les missions peuvent également être convenables en terme de quantité mais insuffisantes en terme de contenu, de par leur manque de stimulation physique ou intellectuelle. Le travail devient alors source d’ennui et même de démotivation, puisque l’employé se sent dévalorisé en accomplissant des tâches pour lesquelles il est sur-qualifié.

Le manque d'interaction sociale : l’ennui au travail peut également être dû à un sentiment d’isolement et de solitude, du fait de la configuration des locaux ou de la nature du poste de l’employé.  En effet, pour divers raisons, il est possible qu’un employé travaille dans un bureau isolé du reste de l’équipe, les interactions avec les collègues peuvent alors être très rares et l’isolement peut être difficile à vivre.

L’ensemble de ces désagréments est accompagné d'un sentiment de culpabilité. En effet, la personne concernée connait une situation paradoxale : d’une part elle a la chance d’avoir un emploi et de toucher un salaire, ce qui est encore plus enviable en période de crise, et d’autre part, passe ses journées à s’ennuyer en effectuant un travail intéressant ou inexistant.  

Pour faire court, le salarié est (quasiment) payé à ne rien faire, notion politiquement incorrecte dont on ne se vente pas !

Après-tout pourquoi ne pas se satisfaire d’une telle situation ? Pourquoi ne pas se réjouir d’avoir du temps pour soi au travail ? En réalité, une très faible part de la population assume et apprécie cette position. La grande majorité le vit mal. Pourquoi est-ce si difficile à admettre ? Parce que cela touche directement l’image de soi.

 

 

Quand l’arrêt maladie apparait comme une réponse possible au phénomène de burn-out, la prise en charge du bore-out s’avère beaucoup plus délicate. La thérapie à envisager n’est pas d’arrêter d’aller au travail, mais au contraire, de retrouver l’estime de soi au travers d’une reprise d’activité plus intense, donc de retrouver des missions dans son travail. Cela peut aussi être l’occasion de faire un point sur sa situation professionnelle, en envisageant par exemple une évolution de carrière par le biais d’une formation. La finalité serait dans ce cas de changer de poste, grâce à une évolution en interne lorsque cela est possible, ou bien de changer d’entreprise. Dans la perspective de repartir sur de bonnes bases, un bilan de compétences peut également être effectué. Il est aussi possible de s’enrichir mentalement en complétant ses journées par des activités professionnelles complémentaires ou bien de s’investir à titre plus personnel (dans une association par exemple).

 

L'importance du service RH

Pour faire face à ces désagréments, la politique de l’entreprise concernant le bien-être au travail a toute son importance. Afin de remédier à ces situations, 60% des DRH interrogés par Cegos affirment avoir mis en place des actions de prévention des risques psychosociaux et 50 % d'amélioration de la qualité de vie au travail (QVT).

Le surmenage professionnel n’est cependant pas une chose simple à encadrer. En effet, en juin 2015, le Sénat a renoncé à reconnaitre le burn-out comme une maladie professionnelle.

Pour conclure sur une touche plus optimiste, toujours selon la même étude du Cegos, six salariés sur dix et huit managers sur dix estiment que le travail représente une « source d'épanouissement personnel » avant d'être une « source de contraintes ». Voilà une tendance qui laisse à penser que l’épanouissement et le bien-être au travail ne sont pas une utopie.

Et vous ? Faites-vous partie des gens qui s’épanouissent au travail ?

 

Crédits images :
www.fotolia.com

Notez cet article:

Sur le même sujet:

 

Commentaires

Pas encore de commentaire. Soyez le premier à commenter
Déjà inscrit ? Connectez-vous ici
Invité
jeudi 16 août 2018
Si vous souhaitez vous inscrire, veuillez saisir un nom d'utilisateur, mot de passe et nom.

Les + consultés

  Depuis quelques années, le burn-out et le bore-out marquent le paysage du monde du travail et illustrent un certain mal-être professionnel. Le dernier né de la famille des maux liés au travail ...
KPMG s’est associé à la FPF (association professionnelle Financement Participatif France) pour réaliser l’édition 2017 du baromètre de la finance participative en France. ...
 Demander une augmentation nécessite un peu de préparation, voici quelques conseils pour se lancer !
Tendance durable : des évènements pour recruter !Pour de nombreuses entreprises, l’évènementiel est un nouveau canal de recrutement qui offrent une multitude d’avantages. ...
M’as-tu vu ? Le personal branding est une manière de se mettre en scène, de se promouvoir et de se faire (re)connaître. Cette (e-)réputation personnelle se construit ...

S'abonner à notre newsletter